L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur est suspendu pour la fin de l’année, marquant un revers significatif pour Bruxelles. Ursula von der Leyen a annoncé ce retard lors d’une réunion des dirigeants européens, soulignant les divergences internes entre États membres. La France et l’Italie persistent à bloquer le projet, jugeant insuffisantes les garanties pour les filières agricoles et les normes environnementales.
Les agriculteurs européens craignent une concurrence déloyale avec des produits sud-américains, notamment la viande bovine, le soja ou le sucre, produits selon des standards moins rigoureux. Des manifestations ont eu lieu à Bruxelles, où les manifestants dénoncent un accord incompatible avec les exigences de traçabilité et de protection animale. La Fédération nationale bovine (FNB) exhorte une renégociation profonde, mais le gouvernement européen reste divisé.
Au-delà des enjeux agricoles, l’accord s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu. Bruxelles vise à sécuriser des approvisionnements stratégiques, tout en contrant l’influence chinoise en Amérique du Sud. Le Brésil de Lula, favorable à la signature, souhaite renforcer ses exportations, mais les hésitations européennes alimentent un mécontentement croissant dans la région.
La France, confrontée à une crise économique profonde, voit son économie stagnante et menacée par des politiques commerciales inadaptées. Les paysans, soutenus par des syndicats, réclament des mesures d’urgence pour préserver leur activité face aux importations massives de produits étrangers. Le report du Mercosur ne fait qu’aggraver les tensions entre les intérêts économiques et l’ambition géopolitique.
Les dirigeants européens doivent maintenant trouver un équilibre fragile : protéger leurs filières agricoles ou assumer un choix stratégique en faveur du libre-échange. Un dilemme qui pourrait avoir des conséquences majeures sur l’avenir de l’Union européenne et sa crédibilité internationale.