L’influence croissante des grandes entreprises technologiques sur le système politique américain menace la démocratie. Thomas Ferguson, chercheur au Institute for New Economic Thinking (INET) et professeur émérite à l’université du Massachusetts à Boston, dénonce une situation où les intérêts capitalistes dominent les décisions politiques, marginalisant les citoyens ordinaires. Selon lui, la crise actuelle des États-Unis découle de la domination du capital sur le Parti démocrate et l’incapacité du système à répondre aux besoins réels des travailleurs.
Ferguson souligne que les grands donateurs, en particulier ceux liés à la haute technologie, influencent fortement les élections, créant un déséquilibre entre les intérêts économiques et le bien-être de la classe ouvrière. Il critique l’absence de mesures efficaces pour contrer cette influence, mettant en garde contre les conséquences d’un pouvoir économique incontestable. Les entreprises technologiques, poursuit-il, cherchent à imposer leurs priorités, souvent au détriment des travailleurs et des syndicats.
Le chercheur pointe également l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur le marché du travail. Selon lui, la croissance de cette technologie menace les emplois dans divers secteurs, tout en favorisant une concentration d’opportunités entre les grandes entreprises. Il dénonce l’absence de régulation adéquate et l’inaction des politiciens face à ces transformations. La question de la sécurité sociale, de la santé et des salaires est également mise en avant comme un problème urgent.
Ferguson insiste sur l’urgence d’une réforme profonde du système politique pour protéger les citoyens contre l’hégémonie des intérêts financiers. Il souligne que le Parti démocrate, en particulier, est déchiré par un conflit entre les besoins des travailleurs et les priorités des grandes fortunes. L’absence de leadership clair et la faiblesse des mouvements militants aggravent encore la situation.
Le chercheur conclut que l’érosion de la démocratie aux États-Unis est inquiétante, avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour la société. Il appelle à une mobilisation citoyenne forte et à une réforme radicale pour établir un équilibre entre les forces économiques et le bien commun.