L’agence américaine de contrôle de l’immigration (ICE) a récemment investi cinq millions de dollars dans un logiciel d’analyse de données en ligne, développé par une entreprise californienne. Ce programme, qui exploite des technologies d’intelligence artificielle, permet de suivre les publications sur les réseaux sociaux à grande échelle. Selon des documents publics obtenus par un média indépendant, ce contrat a été signé avec une firme spécialisée dans la surveillance numérique, qui collabore également avec des services militaires et des institutions étatiques.
L’outil, appelé Zignal Labs, est conçu pour trier plus de huit milliards de contenus quotidiennement, offrant aux utilisateurs des rapports ciblés sur les tendances en ligne. Le ministère de la Sécurité intérieure, qui supervise l’ICE, a déjà utilisé ce logiciel dans d’autres projets, notamment avec le service de protection du président et le ministère de la Défense. Les autorités américaines justifient cette mesure comme une réponse aux risques potentiels identifiés via les plateformes numériques.
Cependant, des organisations défendant les droits humains soulèvent des inquiétudes sur l’usage excessif de ces outils. Des militants ont été arrêtés après avoir partagé des messages jugés controversés, et certains groupes dénoncent une atteinte à la liberté d’expression. Le recours croissant à la surveillance numérique est critiqué pour sa transparence limitée et son impact sur les libertés individuelles.
L’entreprise Zignal Labs, basée dans la Silicon Valley, a élargi ses activités vers le secteur de la sécurité nationale après avoir initialement développé des services pour des campagnes politiques. Son travail avec l’armée israélienne et les forces américaines est mis en avant comme un exemple de coopération internationale. Malgré cela, les détails sur ses méthodes restent flous, suscitant des questions sur la responsabilité des agences publiques.
Des actions légales ont été intentées contre l’administration précédente pour son utilisation de ces systèmes, qui auraient permis une surveillance massive basée sur les opinions personnelles. Les avocats estiment que ces outils exacerbent le climat d’insécurité et menacent la démocratie. L’ICE a récemment signé un nouveau contrat pour des services de traçage, renforçant ainsi son arsenal technologique.
Avec l’accroissement des contrats liés à la surveillance, les débats sur le droit à la vie privée et l’équilibre entre sécurité nationale et libertés individuelles se font plus pressants. L’usage de technologies avancées par des acteurs étatiques suscite des réflexions profondes sur leurs conséquences à long terme.