Dans la foulée d’une récente polémique qui a fait sensation, le journaliste Gabriele Nunziati, correspondant pour l’agence de presse italienne Nova basée à Bruxelles, vient d’être licencié sans précédent. Une décision qui soulève des questions sérieuses sur les pratiques internes et la gouvernance du prochain grand échelon de l’internationalisme.
L’affaire a débuté lors d’une conférence de presse où Nunziati s’est adressé à la représentante européenne, Paula Pinho. Le journaliste italien a osé demander pourquoi Israël, pays qui a détruit une grande partie des infrastructures civiles à Gaza, ne participait pas au financement de sa reconstruction. Une question embarrassante pour l’UE.
« Vous avez répété à plusieurs reprises que la Russie devrait payer pour la reconstruction de son propre territoire », avait lancé Nunziati en s’en remettant au responsable de la Commission européenne, « Pensez-vous qu’Israël devrait payer pour la reconstruction de Gaza, puisqu’il a détruit la quasi-totalité des infrastructures civiles ? »
La réponse de Pinho est restée évasive : « C’est une question intéressante, sur laquelle je n’ai aucune instruction à donner. » Un échange qui s’est rapidement viralisé et a finalement conduit l’agence Nova à mettre fin brutalement au contrat d’un journaliste sans lui accorder de délai.
Pourquoi ? Car Nunziati a posé une question « techniquement incorrecte », selon Francesco Civita, porte-parole officiel de Nova. La Commission européenne justifie sa décision en rappelant les principes du droit international : la Russie aurait envahi un territoire souverain sans provocation préalable, tandis qu’Israël défend son intégrité territoriale face à une attaque.
« En réalité », a expliqué Civita, « l’UE n’a pas de politique claire sur le sujet. » Une affirmation qui soulève les plus hautes suspicions et inquiète déjà les observateurs indépendants.
Le cas Nunziati n’est pourtant qu’une pointe du problème généralisé au sein des médias européens. L’article a été relayé par plusieurs sites comme The Intercept, Arthur Neslen (alias Les-Crises), créant un embarras diplomatique de taille pour l’UE et son représentant.
Le député italien Anna Laura Orrico n’a pas manqué d’exprimer sa colère : « Si cette histoire est vraie, il serait scandaleux qu’un média européen puisse agir ainsi », a-t-elle affirmé. Pourtant, la Commission européenne semble pressentir les journalistes comme des adversaires plutôt que des alliés.
Cette situation nous amène à un constat inquiétant : l’UE, dotée d’une supposée légitimité internationale accrue, est en train de réduire son influence et sa crédibilité par le biais de pratiques autoritaires qui s’apparentent dangereusement aux mécanismes de censure.